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 Chronique de voyage - des volatiles bien volages.

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Gilthelas
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Nombre de messages : 6
Age : 46
Localisation : Strasbourg
Date d'inscription : 31/07/2007

MessageSujet: Chronique de voyage - des volatiles bien volages.   Mer 1 Aoû - 8:02

C'était il y a maintenant 2 ans. Je me plais à conter au coin du feu cette aventure pas banale. Elle n'a rien de franchement héroïque, elle serait plutôt du genre à pic plus qu'épique. Elle fait parti de ces jours spéciaux qui font rire ensemble des gaillards encore marmot dans l'âme.

J'étais en errance, en un bien plus sale état qu'aujourd'hui! Je maraudais de droite à gauche. Pas tout à fait sauvage, pas tout à fait civilisé, je ne savais pas encore si j'allais redevenir un barde respectable et propre sur lui.

Mon parcours me conduisit aux abords d'un cabane simple d'aspect, mais presque trop belle pour ce coin perdu de fôret. Un bout de terre oublié des Dieux! Je m'en suis approché avec une précaution presque animale, encore craintif des contacts avec les hommes.

Fatigué, sale, trempé par une journée pluvieuse, j'espérais trouver un abri.... et cette cabane m'offrait une perspective de planches sèches et de repos qui battait en brèche mon désir d'isolement.

Je n'étais pas à plus de 3 pas de cette cabane que j'entendais grommeler: " Holâ ! Voyageul!". Je sursaute et voit un vieil homme barbu, habillé de peaux de bêtes, appuyé sur son bâton, s'approcher de toi. "Qu’est–ce que tu viens faile, sul les telles, du vieux Gildas?"

"Pardon, j'ignorais que j'étais sur vos terres Monsieur, répondis-je la tête basse. J'espèrais, je dois bien l'avouer trouver un abri pour la nuit afin de me sécher, de me reposer un peu. Je sais me faire petit vous savez, ou très grand lorsqu'on me demande de chanter ou de raconter des histoires."

Je le regardais de travers, priant je ne sais qui, de le laisser m'abriter pour la nuit.

"Poul se leposer, il faut d’abold tlavailler mon gals. Aussi, il te plopose un bout de pain et un coin de paille pour la nuit. En échange, tu devlas m’aider à letlouver mes 8 poulets échappés sur mes telles."

Sa proposition faite, il rentra dans sa simple demeure tandis que je me crispais en entendant un verrou grossier en bois se fermer derrière la porte.

Abasourdi, je faisais le point sur ma situation. J'avais déjà dormi sale, trempé et le ventre vide. Pourquoi ne pas me contenter de ce que la nature m'offrait. Haussant les épaules je me détournais de la cabane pour repartir en forêt.

Je n'avais pas fait trois pas dans les premières frondaisons que je tombais pied à bec avec un groupe de poule. 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7. Aïe pas de huitième poule, mais forcément je reconsidérais la proposition du vieux. En ayant trouver 7 poules, la 8ème ne serait qu'une question de minutes.

J'attrapais avec plus ou moins de facilité les gallinacées pour les placer dans la basse-cour adjacente à la demeure de Gildas, qu'elles avaient quitté.

Bon où se trouve donc cette 8ème poule maintenant?

Partant du point où j'avais trouvé les 7 premières, me voilà en train de faire des cercles plus en plus grand depuis mon point de départ.

C'est à ce moment que l'histoire a viré au bizarre. Sortant de nulle part comme à son habitude, Tram mon chat, se mit à courser un écureuil qui se nourrissait quelques branches plus haut. Cela n'avait aucun intérêt dans ma modeste quête, mais mon chat rivalisait de souplesse et de rapidité tout en montant de plus en plus haut de manière fort imprudente.

L'écureuil, je le découvrais alors, n'est pas habitué à de tels efforts. Il fatigua, et Tram se rapprochait dangereusement. Dans un élan désespéré, l'écureuil se lanca dans le vide vers la branche d'un autre arbre. Mon chat, qui est fatalement stupide quand il chasse, sauta de concert et saisit sa proie en plein vol..... Vol qui battit de l'aile en plein vide. Mon chat tomba comme une pierre et un idiot, mais satisfait d'avoir choppé sa proie.

"Et le vent sortit de sa caverne,
De toute sa fougue il prit son élan
Et les drapeaux alors en berne
Il se mit à les gonfler fièrement"


De ces quelques mots, cette formule, lancés avec ma voix soudain aussi puissante que celle d'un stentor, naquit un court d'air suffisament fort pour ralentir la chute de Tram et de sa proie. Cela faisait si longtemps que je n'avais pas utilisé le [chant de la feuille morte]. La dernière fois, c'était lors d'un exercice d'équilibriste de mon plus jeune fils qui avait mal tourné.

Mon chat se posa l'écureuil gigotant encore entre ses dents..... "Lâche moi boule de poil stupide". Surpris, mon chat lâcha cet écureuil qui venait de parler et détala dans un buisson.

"Non mais que c'est crétin un chat. Il pourrait pas s'occuper des milliers de souris, de rats ou de mulots qu'il y a dans ses bois...... Il est à toi ce matou?"

Déblatérant son speech tout en se brossant le poil, il ne remarqua sans doute pas ma bouche béante de surprise.

Je finis par reprendre consistance: "Oui il est à moi"

"Tu sais que c'est pas marrant de se faire courser, espèce de grand s'rin, me dit-il. Mais comme tu as l'air aussi niais et surpris que ton chat, je vais appeler mon frère et il va t'apprendre à courir."

Le temps de réaliser l'incongruité de la situation, j'entendis l'écureuil siffler et crier: "Raoul, va faire tâter du groin à ces malotrus."

Je compris très vite aux couinements que le "frère" de l'écureuil n'avait rien d'aérien et de sylvestre, mais tirait plus du gros porc sauvage taille patron.

Je commençais donc à courir avec la sale impression que la bestiole avançait plus vite que moi en terrain lourd et trempé, pensant intérieurement à remercier mon chat au plus vite de cette brillante rencontre.

J'arrivais sur un espace dégagé assez rapidement pour me rendre compte que j'allais finir piétiner et esquinter par un sanglier au facièce paticulièrement peu avenant.

La fatigue au creux des jambes, je décide de stopper et de faire face.

"Bel étranger court sur patte
Aux défenses si joliment luisantes
Ne voudrais-tu pas faire pat
Pour jeter tes humeurs blessantes"


Douce, chaude et amicale, mon chant activa un [charme de l'esprit] qui stoppait le sanglier à un pas de mes frêles genoux.

J'avais peu de choix et surtout peu de temps pour agir. A contrecoeur, je sortis de ma veste ma masse à deux mains, m'apprêtant à occire ou tout au moins endormir mon ami de quelques minutes.

"Non fait pas ça je t'en prie. Lorsque Raoul aura retrouver ses esprits je le calmerais, mais pitié ne tape pas mon petit frère chéri." L'écureuil se jète dans mes pattes en suppliant.

"Oublions cet épisode Monsieur l'écureuil étrange, et quittons nous sans rancoeur, lui dis-je avec un triste sourire aux lèvres."

Je repartis donc sur mes pas, totalement liquéfié de fatigue. J'avais d'ailleurs oublié ma quête d'une 8ème poule quand je la vis à trois de moi, vacant à fouiller le sol.

Malheureusement, elle ne semblait pas aussi docile que ses 7 consoeurs, c'est pourquoi de guerre lasse je me mis à chanter.

"Fière pondeuse aux blanches plumes
N'as-tu jamais connu vraiment
Le plaisir d'une humaine coutume
qui consiste en un salut galant."


Intérieurement pas très fier de ma production sur le coup, je me pardonnais ce [charme d'esprit ] à l'aulne de ma grande fatigue.

Je retournais donc avec ma dernière poule à la cabane du vieux Gildas, quelque peu ragaillardi par la perspective d'un bout de pain et d'un coin de paille sèche.

C'est alors que le ciel tomba sur ma tête, devant la porte de la basse cour, un loup bavant de faim et peut-être de rage se retourna pour me faire face.

Exténuer, je savais que ma voix ne me permettrait pas de charmer efficacement ce dangereux hôte des bois. Je sortis ma masse à deux mains calmement, sachant cependant que contre un animal aussi rapide je risquais de frapper dans le vent.

Il grogna, chercha à m'impressionner pour me faire fuire et revenir à ses 7 cibles plus fragiles que moi.

Et c'est là que j'eus une idée particulièrement cocasse bien que sur le moment elle me sembait totalement désespérée. Je me décalais donc vers l'entrée de la cabane. Une fois en place, je me mis à grogner, à provoquer le loup, lui montrant que je ne le laisserai pas croquer les poules.

Ce qui devait arriver arriva, et le loup enragé fonça sur moi, avec la ferme intention de refermer ses crocs sur mon cou.
Dés qu'il donna l'impulsion de sa course, je criais avec mes dernières forces tout en espérant un bon timing: "Gildas, un loup s'attaque à tes poules."

Et la chance me sourit enfin en ce jour, car ce que j'espérais se produisit..... A l'instant où les pattes du loup quittait le sol, la gueule ouverte avec mon cou en ligne de mire, Gildas ouvrit sa porte violemment pour se précipiter dehors.

Je n'entendis qu'un crac puis un bruit sourd d'une masse qui tombe à terre, mais ce fût les plus beaux sons de la journée.

Gildas me regarda sans comprendre tandis que je levais la 8ème poule en disant stupidement: "voilà la 8ème poule."

Ce soir là, après avoir conté pour la première fois mes aventures au vieux Gildas, nous mangeâmes du loup en plus du pain qui m'attendaient. Et lorsque vînt l'heure de me reposer, je m'écroulais plus que je ne me couchais.

Drôle d'histoire non, mes braves amis. Elle ne porte pas le souffle épique des fières batailles que je conte parfois, mais elle m'est arrivée en personne, elle a enrichi ma vie, m'a redonné le goût de raconter des histoires.

Gilthelas, une voix dans l'air du temps.
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Elrandir
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MessageSujet: Re: Chronique de voyage - des volatiles bien volages.   Mer 1 Aoû - 8:12

Tu places le niveau très haut, ménestrel! Je ne me serais pas attendu à un texte de cette qualité pour une première quète!^^ J'adore l'idée burlesque de l'écureuil qui parle et de son petit frère le sanglier Surprised
Bravo à toi, tu as bien mérité tes 1550 points d'expérience, + 450 points bonus Smile

Et on en redemande Wink
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Altaïr
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MessageSujet: Re: Chronique de voyage - des volatiles bien volages.   Mer 1 Aoû - 8:28

Nos meilleurs conteurs ont du soucis à se faire j'crois! Bravo à toi, ça vole bien haut dis donc Laughing
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MessageSujet: Re: Chronique de voyage - des volatiles bien volages.   

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